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Grève bien suivie dans l'Education, Sarkozy annonce une loi sur l'accueil
des enfants.
Par Lucile MALANDAIN et Karine PERRET.
PARIS, 15 mai 2008 (AFP) - Lycéens et fonctionnaires, en majorité des
enseignants, ont défilé jeudi par milliers contre la suppression de milliers
de postes, une mobilisation à laquelle Nicolas Sarkozy a répondu en annonçant
un projet de loi "avant l'été" sur l'accueil des enfants.
"J'ai demandé au gouvernement de déposer avant l'été un projet de loi qui
instituera un droit à l'accueil des enfants inscrits dans nos écoles", a dit
le président de la République dans une déclaration.
"Le projet que je demande au gouvernement prévoira qu'en cas de grève, les
professeurs grévistes se feront connaître 48 heures à l'avance", a précisé M.
Sarkozy, assurant que "la charge financière (de cet accueil) sera assurée par
l'Etat".
Une annonce aussitôt critiquée l'ensemble des syndicats enseignants et
lycéens, qui ont estimé à l'instar de Gérard Aschieri (FSU) que le chef de
l'Etat franchissait "une ligne rouge", en voulant limiter le droit de grève.
Le mot d'ordre de grève a été bien suivi dans l'Education, avec entre
46,16% (ministère) et 63% (SNUipp, syndicat majoritaire) de grévistes dans le
primaire pour protester aussi contre le projet de nouveaux programmes.
Dans les collèges et lycées, entre 33,55% (ministère) et 55% (Snes-FSU
(majoritaire) des personnels étaient en grève. Unsa-Education a parlé de 60%
de participation dans l'ensemble de l'Education.
Par comparaison, lors de la dernière grève dans toute la Fonction publique
le 24 janvier, la FSU avait fait état de 54% de grévistes et le ministère de
34% (chiffre qu'il a revu à la baisse deux mois plus tard, à moins de 30%).
La grève a aussi touché le reste de la Fonction publique : elle a été
observée par 24,8% des agents de l'Etat (dont la Poste et France Télécom),
chiffre similaire à celui de la dernière grève unitaire du 24 janvier (24,7%),
et 6% des agents des collectivités territoriales, selon le ministère ; Dans les
hôpitaux elle a été suivie par un peu plus de 5% des personnels, selon le
ministère et la CGT-Santé.
Les manifestations ont réuni en France entre 200.000 personnes selon la
police, et 300.000 manifestants selon la FSU. Ils étaient 7.000 à 30.000 à
Marseille, 12.000 à 30.000 à Nantes, 7.000 à 15.000 à Grenoble. A Paris, ils
étaient 18.000 selon la police, entre 50.000 et 60.000 selon la FSU, dont des
milliers de lycéens.
Le ministre de l'Education, Xavier Darcos, a estimé "qu'il n'était pas
exact de dire que, quand on a 1,2 million de fonctionnaires, qu'on soit
quelques milliers de plus ou quelques milliers de moins, on réglait les
problèmes, ce n'est pas vrai".
La quasi-totalité des fédérations et syndicats de l'Education, y compris
l'enseignement privé sous contrat, et les parents d'élèves FCPE appelaient à
manifester contre les 22.900 suppressions de postes dans la fonction publique,
dont 11.200 dans l'Education (8.830 dans le public) prévues en 2008, alors que
35.000 sont déjà annoncées pour 2009.
A leur côté, appelaient aussi les syndicats lycéens UNL et Fidl, des
syndicats étudiants et les principaux syndicats de fonctionnaires (sept sur
huit dans la Fonction publique d'Etat).
Jeudi, M. Darcos a mis à nouveau en place le service minimum d'accueil
(SMA) dans 2.837 communes (sur 22.500 ayant une école), dispositif consistant
à rémunérer des agents municipaux pour garder les enfants les jours de grève,
grâce aux retenues sur salaires des grévistes.
lum-kp/sm/ei
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